« Il y a un pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde »
Cette phrase prononcée, avec l'emphase des écrivains de son siècle, par Charles de Gaulle, à Londres, le 1er mars 1941, a marqué de façon déterminante l'Histoire de la France et du Monde.
A cette époque de Gaulle, n'est qu'une voix, francophone, « ballotée » à travers le monde sur des ondes courtes, moyennes ou longues, brouillées par des ennemis de la liberté qui s'ils ne comprennent pas la langue française en connaissent fort bien le caractère subversif et révolutionnaire. Ils ne connaissent de Gaulle, mais ont lu Descartes, Voltaire, Rousseau, Valéry...
Pourquoi, me direz-vous, revenir sur cette histoire vieille de (seulement) 70 ans ?
Tout simplement pour affirmer, paraphrasant de Gaulle, qu'il existe aussi « un pacte vingt fois séculaire entre la Francophonie et la liberté du Monde... » et qu'à ce titre notre engagement francophone nous impose une ardente obligation de vigilance.
Dans la torpeur de cet été, en quelques semaines, les hebdomadaires « Le Point » et « l'Express » nous ont - plus ou moins volontairement - rappelé que rien n'est jamais acquis dans le domaine des libertés, dès lors que l'économie faiblit !
Tout d'abord « Le Point », du 8 juillet, a publié un article de M. Frédéric Martel appelant les français « à parler english ... au nom de ces réalités avec lesquelles il va bien falloir apprendre à vivre» ! En quelque sorte « Sauver l'essentiel » comme le conseillaient en 1940 ceux qui recommandaient de se soumettre à l'occupant.
Et Monsieur Martel de qualifier en vrac la francophonie « d'arrogante, paternaliste, néo-colonialiste » oubliant volontairement (?) le choix unanime de notre langue par les Etats africains lors de leurs indépendances dont nous fêtons le cinquantenaire cette année. Ironisant sur la relative maîtrise de l'anglais par nos chefs d'Etat, il n'a même pas le courage de pousser l'absurde de son raisonnement jusqu'à souhaiter le passage « constitutionnel » d'une épreuve de langue avant toutes élections, collaboration oblige !
L'incohérence de tels propos ne remet certes pas en cause le devenir de notre langue et s'il n'y a pas de quoi se mettre « Martel » en tête, il y a toutefois urgence à s'interroger sur ce que cache en réalité de telles analyses rétrogrades...
Pour comprendre qu'il y a « le feu à la Démocratie », il suffit de suivre l'actualité des derniers jours d'août.
Tout commence par l'inquiétante publication des propos, racistes, homophobes et xénophobes, tenus en toute impunité dans les colonnes du « Point » du 19 août, par des élus de la République (dont un se dit ardent défenseur de notre langue!), propos que ne renierait pas le Président de la Région Midi-Pyrénées.
Et que dire de cette information du blog de « L'Express », du 19 août, révélant la diffusion, par les « Relay H » (cherchez la faute qui n'est pas que d'orthographe !), de publications antisémites, éditées par le Parti National Radical !
Comble de honte, voici que l'Histoire se rejoue à l'envers.
D'une part les partisans d'une Italie fasciste, les héritiers de ceux qui avaient fasciné Adrien Marquet, le maire socialiste de Bordeaux dans les années 30, se disent aujourd'hui admiratifs de la décision prise par Eric Besson, ministre de ce qui fut la Patrie des Droits de l'Homme, d'expulser des Européens ... en Europe !
D'autre part les Nations Unies et même le pape s'inquiètent des dérives identitaires d'une des « mères » de la Francophonie !
Voici, penserez-vous, une analyse bien politique ! Elle l'est en effet, au sens noble du mot, car elle n'est pas politicienne !
Nos valeurs, celles que Pierre Messmer et Maurice Druon nous ont demandé de défendre et promouvoir, sont en danger.
Stéphane Hessel, notre Président d'Honneur, n'a de cesse de nous rappeler que « Résister c'est créer »
Alors résistons, sans nous taire, car se taire c'est cautionner, c'est collaborer !