Accueil | L'Alliance | La Lettre Francophone| Les Membres | Contact/adhérer                                                 

Vie de l'Alliance

« Les moments actuels sont difficiles mais je m'accroche avec toute la force et l'énergie possibles... ». 


J'ai pu lire ces mots d'espoir extraits d'une petite lettre de Daniel, en rentrant du Burkina Faso samedi 28 août au matin quelques heures avant d'apprendre qu'il avait eu une de ses très rares mauvaises idées : celle de ne nous quitter !

Il évoquait sa santé, mais cette phrase aurait pu s'appliquer à celle de son pays, la Belgique, qu'il aimait profondément et dont les maux le rongeaient tout autant que sa terrible maladie ! Je ne pourrai ni l'appeler, ni lui répondre... Alors je lui écris dans cette Lettre Francophone...peut-être la recevra-t-il ?

Cher Daniel, ton intelligence fulgurante, ton charisme, tes talents oratoires, ton amour passionné de notre langue vont manquer à l'Alliance Francophone dont tu aimais l'esprit politiquement incorrect !

Tu disais souvent : « A force de dire des choses politiquement correctes on finit par ne plus rien dire. Ou par dire ce qui n'est plus audible ! »

Au début du mois d'août, tu accordais à l'Express un long entretien qui, avec ton décès, prend aujourd'hui des allures de testament politique adressé tant à la classe politique belge qu'aux autorités européennes. « Si les flamands veulent nous larguer, dotons-nous d'une Belgique française. Par deux voies possibles : l'autonomie, ou l'association à la France. Nous ne serons pas Français. Mais Belges français... ».

C'est cette franchise, cette honnêteté intellectuelle, cette force de caractère que nous aimions chez toi. Nous aimions aussi ton caractère pas toujours facile qui refusait les compromis et les arrangements dès lors que l'intérêt supérieur de la Nation, ou des valeurs qui nous sont chères, étaient bafoués !

Tu n'étais certes pas un tendre politique, mais tu devenais un tendre mari, doux et charmeur, dès que ton regard croisait celui, complice, de ton épouse Anne Monceu-Ducarme, notre fidèle amie, depuis plus de 20 ans, à qui nous pensons si fort en ces instants. Vous formiez, plus qu'un couple, une véritable équipe affrontant et surmontant toutes les épreuves et embûches que la vie n'avait pas manqué de semer sur votre chemin. « Anne est formidable à mes côtés et cela contribue à ma résistance » m'écrivais-tu encore.

Face aux abandons et aux renoncements, de toutes natures, tu étais un résistant et tu ne manquais jamais de dénoncer la collaboration sous toutes ses insidieuses résurgences (Cf : le même article de l'Express) !

De toi je ne voudrais garder en mémoire que ces intenses moments partagés avec Anne lors de tes brillantes interventions, dont celle d'avril 2010 à Bruxelles à l'occasion d'un débat sur l'avenir de l'audiovisuel francophone dont l'invitée était Marie Christine Saragosse, la directrice générale de TV5MONDE, ou lors de partages, avec l'épicurien que tu étais, de repas gastronomiques ou d'art de vivre « francophones ».

Il t'arrivait souvent d'écrire à un modeste cuisinier, ou à un chef renommé, pour lui dire ta reconnaissance et ton admiration pour son art. Stéphane Jego de l'Ami Jean peut en témoigner.

En rédigeant ces quelques mots, en guise d'hommage, je prends soudain conscience du fait que l'imparfait est tristement bien imparfait pour évoquer la mémoire de l'homme si actuel, si vrai, si vivant, si parfaitement de ton temps, qui conjuguait à tous les instants et à tous les modes l'avenir de la culture, de la francophonie, de la politique, de l'Europe...

Alors, puisque tu me donnais « l'espoir de bientôt nous revoir » nous t'inscrirons dans notre futur commun et, sois en certain Cher Daniel, nous continuerons, aux côtés de ta Chère Anne, à défendre nos valeurs communes et, pour couvrir les bêlements « panurgiens », à n'être pas politiquement corrects !

Jean R. Guion
Président International de
l'Alliance Francophone

Daniel Ducarme
Daniel Ducarme a accédé à la Présidence du PRL en 1999, puis de la Fédération PRL-FDF-MCC en 2001. En 2002, il porte sur les fonts baptismaux le «Mouvement Réformateur» et lance l'Appel réformateur à ceux «qui croient qu'il n'y a pas de fatalité face aux transformations de plus en plus rapides qui affectent notre société et notre quotidien ; à ceux qui croient en un mouvement qui transcende les confessions philosophiques et religieuses ainsi que les origines culturelles, un mouvement qui dépasse les clivages et les tensions entre classes sociales, un mouvement qui refuse les attachements politiques à un passé figé mais qui s'ouvre à la citoyenneté politique».

Daniel Ducarme a exercé de nombreuses fonctions politiques : Président, dont une première fois en 1989, mais également ministre de l'Environnement et de l'Agriculture en 1985, ministre des Arts, des Lettres et de l'Audiovisuel de la Communauté française ainsi que Ministre-Président de la Région bruxelloise en 2003, de même que Député national, wallon et européen. Il avait été Bourgmestre de Thuin et Conseiller communal à Schaerbeek. Jusqu'au 13 juin dernier, il était encore Député fédéral et Président du MR International. Il venait d'être nommé vice-Président honoraire de la Chambre et Bourgmestre honoraire de Thuin.

REACTIONS EN BELGIQUE

La présidente du MRLB (Libéraux Bruxellois) Françoise Bertiaux
"C'etait un homme de tous les combats, profondément attaché au monde de la politique et aux valeurs libérales qui a marqué l'histoire de Bruxelles à tous ses niveaux, en s'impliquant dans la vie communale schaerbeekoise et, en 2003, en présidant aux destinées de la Région, en tant que Ministre-Président, région qu'il avait adoptée. Il avait compris tous les enjeux et toute l'importance de créer des ponts entre tous les Francophones de Bruxelles et de Wallonie".

Le secrétaire d'Etat Bernard Clerfayt se souviendra d'un "homme engagé et passionné par la vie politique, d'une très grande chaleur humaine, brillant orateur, toujours soucieux de l'unité des Francophones de Wallonie et de Bruxelles et toujours sensible aux valeurs de progrès, de solidarité et de liberté".

L'actuel ministre-président bruxellois Charles Picqué "avait sincèrement appris à aimer Daniel Ducarme, homme de bagout, avec un réel entregent, qui avait le sens du dialogue et qui a toujours fait preuve de loyauté dans ses rapports humains et politiques".